Demosthene_art

 

Pour sa première exposition individuelle en Suisse (du 28.09.17 au 28.11.17), Florine Demosthene poursuit son exploration des thèmes de la beauté et de l'objet du désir présenté comme sujet pensant.
 
L'artiste conteste l’idéal occidental de la beauté et ses dictats en créant une héroïne noire qui ne se conforme pas aux stéréotypes du nu sensuel. L'héroïne de Mme Demosthene n'est pas timide et défie ouvertement les spectateurs en les dévisageant depuis plusieurs œuvres d'art. Elle est une figure très particulière en termes de caractéristiques physiques, mais devient également une figure de proue pour la femme noire en tant qu’être sexuel et personne autodéfinissante. Cette contemplation du nu féminin comme être capable de se procurer une identité propre invalide son rôle de simple objet de désir.
 
L'héroïne est entièrement nue dans certaines œuvres, presque complètement couvertes dans d'autres, et à différentes étapes d’habillage (ou de déshabillage) entre ces deux extrêmes. Mme Demosthene considère son héroïne comme symboliquement vêtue de parures culturelles au début. Sa nudité est le résultat de ses tentatives d'enlever ces couches imposées. « Les étoffes sont les derniers vestiges de son passé [; ...] l'héroïne lutte avec le passé et avec le présent de son éveil [idéologique] », explique l'artiste.
 
La recherche d’un sens de la part de Mme Demosthene dans son rendu de son sujet va bien au-delà du simple portrait. Par exemple, dans certains tableaux, la peau de son héroïne semble avoir pelé pour révéler un substrat de chair marbrée. Comme l'explique l'artiste, dans sa recherche d'identité, son héroïne est « dédevenue pour entrer pleinement dans ce qu'elle est. »
 
Le titre d'exposition anglais (« The Unbecoming ») fait référence à ce processus de défaite et de recréation (« Le Dédevenir ») ainsi qu’aux stéréotypes qui entourent la beauté (« Les Laids » ou « Les Laides »).
 
Un nouvel aspect dans l’art de Mme Demosthene est l’introduction du masque Punu, de la région du bassin du fleuve Ogooué au Gabon. Le masque peut représenter les esprits féminins et la beauté. Comme l’explique l’artiste : « J'utilise ce masque comme une sorte de frontière entre le réel et l'irréel, le visible et l'invisible, de la même manière que celui ou celle qui le porte est censé(e) pouvoir passer entre les mondes des humains et des esprits. »
 
Mme Demosthene a ajouté des bleus et des verts à sa palette existante de couleurs chair, de marrons, d’oranges et d’ocre. Cette exposition comprend des œuvres de techniques mixtes sur la base quasi translucide de Mylar, ainsi que des collages encore plus récents sur papier, où les couches de Mylar superposées créent un effet opaque. Il existe également dans cette exposition des techniques mixtes sur toile et sur papier.